Créez de la valeur...

La transition écologique réussira d'autant plus qu'elle génère de la valeur ajoutée pour chacune des parties : l'environnement et l'entreprise. Ce que Michael Porter, Professeur émérite de l'Université Harvard appelle : la création de valeur partagée (creating shared value, CSV).

Les engagements environnementaux pris par l'entreprise doivent donc donner lieu à de véritables "business case". Trop souvent, les solutions environnementales sont présentées dans leurs aspects techniques et oublient de mentionner les éléments de création de valeur pour l'entreprise. Les "business case" doivent donc montrer les éléments techniques et les plus-values environnementales, mais doivent également indiquer les éléments de valorisation sur le plan managérial, commercial et financier, dans une vision globale de la chaîne de valeur.

 

Les éléments de création de valeur liés à la transition écologique doivent couvrir l'ensemble des considérations suivantes :

Création de valeur environnementale =

  • contribution aux réduction des émissions de gaz à effet de serre,

  • contribution à la renouvelabilité et à l'optimisation des consommations de ressources naturelles,

  • contribution à la réduction et au recyclage des déchets ou autres pollutions,

  • contribution à la protection de la biodiversité et des espaces naturels,

Création de la valeur managériale (interne) =

  • donner du sens pour les équipes de direction et opérationnelles,

  • susciter de la motivation et de l'engagement,

  • qualité et productivité accrues par la motivation et par l'engagement,

  • développer un esprit d'innovation commercial, technique et organisationnel,

Création de la valeur pour les clients =

  • garantir aux clients un produit ou un service qui les aide à résoudre leur problématique environnementale,

  • créer des services qui fidélisent les clients et qui créent de nouvelles opportunités commerciales,

  • développer une image positive de son entreprise sur son marché,

Création de la valeur pour les parties prenantes =

  • garantir un partenariat qui aide les parties prenantes à tenir elles-mêmes leurs engagements environnementaux,

  • fidéliser et renforcer un partenariat de longue durée,

  • accéder à de nouveaux marchés grâce à ces partenariats renforcés,

Création de la valeur financière =

  • réduire les risques environnementaux et les risques d'image par une action préventive,

  • réduire certains coûts (paradoxalement, l'engagement environnemental généralement présenté comme un coût permet souvent de réduire les coûts et de réaliser de substantielles économies dans une vision globale de la chaîne de valeur),

  • attirer des investisseurs engagés sur le moyen terme,

  • renforcer la valeur immatérielle de l'entreprise (effet indirect des éléments de création de valeur commerciaux),

  • produire un meilleur rendement financier (effet indirect des éléments de création de valeur internes et externes).

Vous remarquerez que l'augmentation du prix n'est pas mentionnée comme un élément de création de valeur financière. En effet, si les consommateurs se disent sensibles aux enjeux environnementaux, ils ne veulent pas pour autant payer plus cher le produit ou le service qu'ils utilisent. L'augmentation du prix du fait des efforts environnementaux de l'entreprise (et de ses investissements) est donc rarement une variable d'ajustement, sauf en cas de produit et de service dit de "niche" pour une clientèle ciblée (comme pour le marché "bio" par exemple). La création de valeur doit donc se faire majoritairement sur les variables indiquées précédemment.

  

Calculer les potentiels de création de valeur à travers un "business case"...

Attester des engagements grâces aux "certifications"...